À Séoul, trois semaines de post-partum dans un sanhujoriwon
Massages, rééducation du bassin, aide à l’allaitement : trois semaines dans un sanhujoriwon de Séoul, ces centres où 86 % des Sud-Coréennes passent.
Après la naissance de son premier enfant en juillet, Lee Eun-seo, 28 ans, a passé trois semaines dans un centre de soins post-partum de Séoul, raconte Le Monde dans un reportage publié en octobre 2026.
En bref
- Les sanhujoriwon accueillent les mères et leur nouveau-né dès la sortie de la maternité, une formule propre à la Corée du Sud.
- Lee Eun-seo, 28 ans, y a passé trois semaines après la naissance de son premier enfant en juillet.
- Le centre choisi, Olivium, est un établissement haut de gamme ouvert en 2016 près de l’hôpital Seran.
- Une enquête ministérielle porte sur 3 221 femmes ayant accouché en 2023.
Le sanhujoriwon, une étape entre la maternité et la maison
En Corée du Sud, ces établissements portent un nom à part : sanhujoriwon. Leur principe tient en une idée simple. Au lieu de rentrer directement chez elle avec son bébé, la jeune maman quitte l’hôpital pour un lieu où l’on s’occupe entièrement d’elle et de son nouveau-né. Le modèle est propre au pays et n’a pas d’équivalent courant en France, où le retour à domicile suit généralement le séjour en maternité.
Pour cette parenthèse, Lee Eun-seo s’est tournée vers Olivium. Il s’agit d’un centre haut de gamme, créé en 2016 et adossé à l’hôpital Seran, dans le nord-ouest de la capitale. Son expérience décrit donc l’offre d’un établissement précis, situé dans le segment le plus confortable du marché, et non celle de l’ensemble des centres du pays.
Une pratique devenue la norme chez les Sud-Coréennes
Le séjour de cette famille n’a rien d’un choix marginal. Le ministère sud-coréen de la santé et du bien-être a interrogé 3 221 femmes ayant donné naissance en 2023. Leurs réponses montrent à quel point le passage par ces centres s’est installé dans le parcours après l’accouchement.
Avec ses trois semaines sur place, Lee Eun-seo est restée nettement plus longtemps que la moyenne relevée par l’enquête, soit environ une semaine de plus.

Des soins pensés pour le corps de la mère
Chez Olivium, le programme ne se limite pas à l’hébergement. Plusieurs prestations visent la récupération physique après la grossesse et l’accouchement :
- des massages du dos ou des pieds, destinés à atténuer douleurs, hypertension, œdèmes et problèmes de circulation ;
- des appareils dédiés à la rééducation du bassin ;
- des bains de paraffine, tournés vers les douleurs aux poignets ;
- un accompagnement à l’allaitement assuré par des spécialistes, pour trouver les bonnes positions, favoriser la montée de lait et apaiser les seins engorgés.
Ces descriptions renvoient aux objectifs affichés par le centre. Pour comparer avec les repères français, on peut relire ce que nous écrivions sur les hémorragies du post-partum, un autre enjeu des jours qui suivent la naissance.
Un quotidien sans intendance
Ce qui frappe le plus la jeune maman, c’est l’absence de logistique à gérer. Biberons, linge, vêtements : tout est pris en charge par l’établissement pendant le séjour.
« Lait en poudre, vêtements pour moi et le bébé, lessives… Tout est compris dans le service. Je n’ai rien eu à penser. Juste à apporter mon ordinateur et des sous-vêtements »
Lee Eun-seo, jeune mère de 28 ans, ayant séjourné au centre Olivium
Son bagage se résumait donc à quelques effets personnels et à un ordinateur, le reste du nécessaire pour elle comme pour son bébé étant fourni sur place.
Photo à la une. Source : Wikimedia Commons. Photographe : SpaceshipMe. Licence : CC0.