Un prêt à taux zéro pourrait financer jusqu’à 100 000 € de travaux pour les parents
Âge de l’enfant, revenus, agrandissement : les députés veulent élargir le prêt à taux zéro prévu pour les parents, mais le dispositif n’existe pas encore.
En bref
- Le PTZ parentalité figure à l’article 7 du projet de loi de finances pour 2027.
- Des amendements proposent un prêt plafonné à 100 000 € et à la moitié du coût du projet.
- La commission des finances a rejeté la première partie du budget le 9 octobre.
- Aucune banque ne peut accorder ce prêt avant l’adoption du budget.
Oui, le PTZ parentalité pourrait aider une famille à acheter plus grand, même si elle possède déjà sa résidence principale, mais il n’est pas encore utilisable. Le gouvernement l’a inscrit dans son projet de budget pour les foyers qui attendent un bébé ou élèvent un enfant de moins de 3 ans, et des députés veulent aller beaucoup plus loin, comme le détaille MySweetImmo.
Un prêt à taux zéro qui ne serait plus réservé aux premiers acheteurs
Le PTZ actuel vise surtout les primo-accédants. En règle générale, il faut ne pas avoir possédé son logement principal pendant les deux ans précédant la demande, à quelques exceptions près. Le nouveau dispositif lève ce verrou pour les parents, y compris pour les ménages ayant déjà profité d’un PTZ par le passé, qui pourraient en obtenir un second, une seule fois.
Dans la version du gouvernement, les plafonds de ressources du PTZ classique restent applicables. Le Premier ministre Sébastien Lecornu, qui défend la mesure, la présente comme un levier en faveur de la natalité.
Ce que changeraient les amendements des députés
| Critère | Projet du gouvernement | Version amendée |
|---|---|---|
| Enfant | attendu ou âgé de moins de 3 ans | âgé de moins de cinq ans |
| Revenus | plafonds du PTZ classique | aucune condition de ressources |
| Agrandissement sans achat | non prévu | travaux sur la résidence principale finançables |
Le plafond de 100 000 € ne serait pas un montant automatique : la somme dépendrait du coût de l’opération et des règles finalement retenues. À titre d’illustration, une extension chiffrée à 80 000 € ouvrirait droit à 40 000 € au plus, tandis qu’un projet de 200 000 € atteindrait le maximum. Ces calculs restent théoriques tant que rien n’est voté.

Un parcours chahuté à l’Assemblée nationale
Le jeudi 8 octobre, la commission des finances a adopté un amendement de Jean-Paul Mattei (Les Démocrates), qui reprend des éléments du PTZ familial porté au printemps par Constance de Pélichy. Le député MoDem y voit une
« mesure de bon sens qui concerne des couples jeunes qui ont des problèmes pour agrandir »
Jean-Paul Mattei, député du groupe Les Démocrates (MoDem)
Le lendemain, la même commission a pourtant rejeté la première partie du budget : ses votes de la veille ne deviennent donc pas d’office le texte débattu en séance. Celle-ci s’est ouverte le 13 octobre, avec deux amendements redéposés, le n° 3196 de Constance de Pélichy et le n° 3796 de Jean-Paul Mattei, qui reprennent l’ensemble de la version élargie.
La mesure divise. Éric Coquerel (LFI) craint qu’elle mette « en concurrence » les foyers aisés et ceux qui n’ont pas de ressources. Les Écologistes rejettent tout le dispositif, qu’ils assimilent à un « bonus familial » au profit de ménages déjà propriétaires.
Ce que votre famille peut faire en attendant
Concrètement, ce futur prêt ne peut donc pas entrer dans le plan de financement d’un achat ou de travaux signés aujourd’hui. Les familles qui suivaient déjà le sujet trouveront le premier épisode dans notre article sur le PTZ voté en commission.
Photo : Pavel Danilyuk / Pexels